À travers la série des « impacts », Aurélien Maillard construit des sculptures ambiguës.

 

À première vue, il s'agit d'éraflures, d'incisions, de coups portés avec force à la cimaise de l'espace d'exposition. Le spectateur perçoit immédiatement la forme comme le résultat d'une empreinte violente d'un geste spontanée. [...] Quel corps, quels outils auraient pu abîmer aussi graphiquement les cloisons?

 

Progressivement, on devine la simulation, la construction lente et patiente derrière la fluidité de la trace d'un geste profondément inscrit dans la matière et en même temps complètement virtuel. Les impacts sont de véritables trompe-l’œil sculpturaux qui jouent d'une séduction immédiate pour mieux susciter la réflexion.

Chaque pièce est soigneusement ouvragée. Le geste de l'artiste presque artisanal – précis et précieux – construit patiemment l'illusion de la trace d'un autre geste aussi fluide que virtuel [...] Il se dégage des impacts une énergie qui s'étale sur les murs d'un white cube amoureusement saccagé.

La présence de ces puissantes empreintes virtuelles que sont les impacts nous renvoie à ce que nous sommes peut-être : des êtres infiniment sophistiqués travaillés par des peurs et des pulsions sans âge. Dans un monde aseptisé et contrôlé comme jamais auparavant, la présence accidentelle de la vie dans l'univers demeure une béance insondable, une source infinie d'interrogation et de contemplation. Et c'est aussi de cela dont nous parle les « impacts » d'Aurélien Maillard.

Antoine Bricaud