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DAVID DE BEYTER

THE SKEPTICS

The Skeptics est une recherche artistique qui puise sa source dans une pratique amateur dérivée de l'ufologie, l'ufologie scientifique. Cette communauté marginale de penseurs rassemble une centaine d'amateurs autour du scientifique Juan Vicente Ballestros en Espagne, autour d'Erling P. Strand en Norvège. Mais depuis les années 1970, c'est aux Etats-Unis qu'elle a été la plus prolifique autour du célèbre sceptique Philip J. Klass.

Cette recherche artistique se développe autour de trois axes de recherche principaux. La première est conçue comme une enquête photographique autour des paysages volcaniques d'Espagne et des États-Unis que l'on appelle dans le jargon scientifique de l'ufologie « Lieux magiques ». Le second R.O.T.G se concentre sur les arrière-plans iconographiques de cette science amateur de l'émergence, l'ufologie scientifique. Flash Blindness, le dernier axe, est une recherche expérimentale autour de la matérialité même de la photographie et de sa dimension spéculative. Cette partie de la recherche engagera une réflexion et un double discours autour de l'image, celui de la limite de la photographie et celui de la limite de la représentation de l'ailleurs.

The Skeptics est une série peuvant être vue comme une réflexion sur l'obsolescence d'une croyance, sur l'effondrement d'un mythe. En se concentrant sur cette communauté d'ufologues sceptiques, le projet cherchera à révéler ces pratiques contemporaines oubliées qui ont sculpté l'imaginaire du chaos géologique. Jean Rouch disait que «le rôle de l'anthropologie est de mettre en circulation des objets dérangeants». En se concentrant sur ces grandes vagues successives d'apparitions des années 80 et 90, le projet nous propose une réflexion sur la perte des utopies et la question du progrès et questionne en profondeur cette mythologie que tentent de déconstruire les ufologues scientifiques, la gouvernance de notre réalité par les déesses de la technologie.

 
 

BIG BANGERS

Big Bangers est un projet au long cours mêlant film, photographie et sculpture. Il s’appuie sur une pratique amateur dérivée de l’auto-cross, le Big Bangers, pratique populaire de destruction de voitures que l’on retrouve dans le Nord de la France, en Belgique et au Royaume-Uni. La beauté du geste et la philosophie de la communauté réside dans le fait de détruire des voitures d’usage courant par des chocs violents qui compressent moteurs et carrosseries. Une esthétique de la destruction où, dans le jargon amateur, l’épave qui résulte du choc est appelée une « auto-sculpture ».Le projet Big Bangers se déploie autour de trois axes de recherche. Le premier, la transfiguration du paysage par une pratique amateur de la destruction, est une notion intrinsèquement liée au projet. Le second axe, l'inertie du chaos, tente de donner à penser les limites du geste sculptural. Inspirée par les actes performatifs réalisés par des passionnés en périphérie de la pratique, cette recherche porte une réflexion sur l’ambiguité du statut d'un geste destructeur, emprunt d’une profonde violence et pourtant totalement dénué de toute revendication politique, sociale ou morale. Le troisième axe est celui de l’archive/document et joue sur l’ambiguïté des registres d’image. S'ils les nomment « auto-sculpture », les amateurs de Big Bangers n'en conservent généralement comme traces que des images. Les archives, fanzines, vidéos ou photos amateur, sont le point de départ de cette troisième recherche, aussi bien comme sujet que comme medium, dans l'idée d'une fabrication d'archives.Le projet Big Bangers cherche à révéler, dans la représentation d'une pratique de la destruction, une réflexion sur l’obsolescence et la dématérialisation. Par son approche anthropologique, il nous confronte à une sorte de culture brutale et chaotique, où la voiture en ruine devient trophée. En extrayant volontairement de cette pratique toute une série de formes qui s’apparentent à la sculpture, celui-ci met à mal la notion de progrès et nous plonge dans ce qui semble faire l’écho d’une société qui produit ses propres ruines.L’ensemble du projet donne à penser la désarticulation d’un monde qui se recompose par fragments dans l’espace d’exposition. Je conçois l’espace d’exposition comme un espace immersif. Musicien, je suis aussi marqué par l’expérience live des concerts de la scène post-hardcore dans laquelle j’évolue. Ces communautés entretiennent à plusieurs niveaux certaines correspondances. Ainsi, ce que je tente de saisir par l'espace immersif, peut-être agressif, résulte de l’expérience de la destruction telle qu'observée dans les coulisses des circuits. L’espace d’exposition propose alors une lecture éclatée, fragmentée, comme une hypothèse faisant s’associer au sein d'un même espace photographies, films, archives et sculptures.

 
 

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