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jeu. 30 mai

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Lille

Vernissage / La Nuit, l'Arbre et le Masque

La galerie Bacqueville est heureuse de présenter pour la première fois le travail d’Anne Breton et Alexis Nivelle, dont les univers, bien que différents, partagent un même attrait pour l’imaginaire et l’onirisme à travers des formes hybrides, ouvertes et énigmatiques.

Vernissage / La Nuit, l'Arbre et le Masque
Vernissage / La Nuit, l'Arbre et le Masque

Heure et lieu

30 mai 2024, 18:30 – 21:30

Lille, 32 Rue Thiers, 59000 Lille, France

À propos de l'événement

J’ai enlevé le masque, et puis je l’ai remis.

Comme ça c’est mieux. Comme ça je suis le masque. - Fernando Pessoa

La  galerie Bacqueville est heureuse de présenter pour la première fois le  travail d’Anne Breton et Alexis Nivelle, dont les univers, bien que  différents, partagent un même attrait pour l’imaginaire et l’onirisme à  travers des formes hybrides, ouvertes et énigmatiques.

Anne  Breton utilise pêle-mêle le dessin, le collage, la céramique, le  textile, le laiton, la cire ou le bois. La facture raffinée et primitive  de ses sculptures favorise l'expression de la matière brute. Une  attention continuelle, que l’on devine soutenue et tendre, est portée  par l’artiste aux textures, aux rapports de proportion, à l’élaboration  naturelle de ses teintes. Un même soin méticuleux accompagne son travail  de soclage, d’accrochage et de mise en espace. Les formes souples et  ovoïdes imaginées par Anne Breton suggèrent, de prime abord, la douceur  et le calme mais ces volumes protecteurs recèlent aussi une part sombre,  nocturne, insondable. Comme des œufs, ils paraissent toujours habités  par une forme de vie latente. Ou bien obscurément hantés, au-dedans. Ici ou là, une excroissance, une bouche ou un nez, affleure… Dans la  terre, des yeux éclosent parfois. Et une tête peut refaire surface à  l’improviste — ou un masque. Idoles archaïques, sculptures  contemporaines ou objets utilitaires, ces formes vivantes nous épient  tandis que nous les regardons. Mais à quels rituels étranges et  caressants sont-elles destinées ? Dessinateur, Alexis Nivelle utilise des moyens simples : la mise en  abîme et les crayons de couleur. Il dessine minutieusement des salons  vides et des espaces désertés dans lesquels il met en scène des biens  d’ameublement, ainsi que des tableaux qui ressemblent aux siens… Des  peintures fictives, sortes de doublures coincées dans un méta-récit en  suspens, dans une légende envahie d’ectoplasmes mais toujours au point  mort. Peintre, il aime mettre en scène sur la toile des vieux amis, des  poncifs, des silhouettes récurrentes. Ces silhouettes sont déguisées (en  formes géométriques, biscornues ou organiques) et constituent comme une  petite troupe. La branche, le phylactère, le carré, l’étroniforme, la  bulle ou la boule deviennent des acteurs qui interagissent ensemble,  facétieusement – leur présence conjointe, haute en couleur et muette, ne  racontant cependant jamais rien. Ce théâtre immobile et silencieux, ce  théâtre intérieur donc, est-ce aussi un théâtre d’opérette ? Les univers d’Anne Breton et d’Alexis Nivelle, bien que singuliers, sont  reliés entre eux et le regardeur attentif le perçoit très rapidement.  Reliés par des croisements délibérés et par des conjonctions formelles  occasionnelles, bien sûr. Mais aussi, plus profondément et sans doute de  façon inconsciente, par l’appartenance à un même type de sensibilité.  Une sensibilité commune de type chtonienne (1) peut-être ? Formulons cette hypothèse… Cette sensibilité se  caractériserait, selon Jean-Louis Chanéac (architecte et peintre de  formation), par un goût pour les mondes souterrains et subaquatiques et  par un attrait pour les courbes, les formes libres, l’hybridation et la  rêverie. Par une certaine inclination, également partagée par nos deux  artistes, pour l’expression non bridée des chimères et des fantasmes. On peut dès lors rêver nous aussi et échafauder, dans cette veine, une  généalogie saugrenue, un panthéon chtonien, avec quelques Grands Anciens  : Hilma af Klint, Jean Arp, Eva Hesse ou Ken Price – entre autres…  Autant d’artistes, adeptes d’une forme de recherche fondamentale et  intuitive, flirtant avec le fantastique et composant comme une famille  atemporelle d’excentriques. Une tribu d’individus qui, instinctivement,  se dégagent des carcans de la raison instrumentale et de la complaisance  docile envers la réalité pour vivre enfin, ailleurs… Dans l’océan, dans  la nuit, dans l’Ovoïde. - Élise Vaxellin (1) S’inscrivant  dans la « contre-architecture des artistes » décrite par Michel Ragon,  et à laquelle se rattachent également les réalisations d’un Jacques  Couëlle ou d’un Pierre Székely, Jean-Louis Chanéac a esquissé et défendu  cette sensibilité de type chtonienne dans ses écrits. (Jean-Louis  Chanéac, Architecture interdite, Éditions du Linteau, 2005)

Exposition collective. 30 mai - 29 juin 2024. Vernissage le jeudi 30 mai 2024, 18h30 - 21h30. En présence des artistes.

Image ci-dessus :

Anne Breton, Noli me tangere, 2017 & Blow, bloom, bloow, 2019 Alexis Nivelle, Double phylactère, 2023 Crédit photo : Paul Tahon

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