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GAUTIER DEBLONDE

ATELIER

Le travail de Gautier Deblonde semble relever d’une démarche à mi-chemin entre reportage, documentaire et création plastique. Peu pertinente apparaît dès lors la notion de hiérarchie entre ces trois genres chez un photographe tant familier du monde de l’information que sensible à celui des arts.

A l’intersection des tendances, mais jamais à la dérive, Gautier Deblonde est un photographe qui aime lâcher prise, tout en conservant ancrés en lui discipline et sens du long terme : ainsi de sa série Atelier, maturée pendant près d’une décennie avant de donner lieu à un ouvrage publié par SteidlDangin en 2014.

De quoi s’agit-il ? De lieux. De rencontres. Et, parfois, de l’indicible : une lumière, une marque, une expression, un fragment d’objet ou de matière. Gautier Deblonde s’avoue fasciné par les traces que laisse toute activité humaine. En ressort un réel sens du détail, de ce qu’il fallait remarquer. Comme autant de pas de côté, pour suggérer ce qui peut arriver au sein de l’image ainsi qu’en dehors du cadre. Transparaît sans cesse, des portraits d’Artists publiés par la Tate Gallery en 1999 aux étendues blanches de l’Arctique souvent photographiées, la marque d’une subjectivité discrète et subtile, d’une esthétique de la vérité dénuée de toute froideur. Rejaillit à l’esprit ce « All is true » invoqué par Balzac à propos du réalisme lui aussi tant documentaire que romanesque de son Père Goriot. Mais avec un certain sens du décalage : Gautier Deblonde sait, quand le veut le contexte ou le sujet, se faire moins présent, se retirer, s’effacer. 

La distance, voici peut-être la clé de toutes ces images. Car si pour Gautier Deblonde prendre la photographie d’un lieu ou d’un personnage relève avant tout d’une longue imprégnation du sujet et de sa bonne compréhension, c’est une présence comme distendue qui semble dominer chacune de ses séries. Matière à imaginer, à se construire sa propre histoire avec le sujet ? Sans doute. Mais aussi nécessaire respect de ce que croise l’objectif. Alors vient le moment de photographier. Sans impulsivité ni fugacité. Se pose la question du temps : une technique photographique plus lente, un nombre limité de prises de vue font de chacune de ces images un instant réfléchi, suspendu.

Le temps, donc : autre clé du travail de Gautier Deblonde, qui aime s’arrêter, contempler. Continuité dans la frontalité et recours à des pauses longues lui permettent d’instiller au cœur de ses images une véritable suspension du temps, capté autant que célébré. Un temps de contemplation, de réflexion, de repos. Un temps réel, tangible : celui d’un lieu, d’un objet, d’une personne, d’une vie. Il y a dans les photographies de Gautier Deblonde le sentiment d’un continuum furtif, d’une linéarité contemplative. Comme si, de l’atelier saisi en plein travail de Ron Mueck (le temps d’un film commandé en 2013 par la Fondation Cartier pour l’art contemporain, dont l’esprit d’arrêt «à l’œuvre» se retrouve dans son titre : Still Life. Ron Mueck at work) aux rives sans âge de Marie Galante, il ne s’agissait que d’une seule et même déambulation calme et savante de l’imaginaire, comme un long travelling latéral : on pense à la scène de l’embouteillage dans le Week-end de Godard, documentaire lui aussi doué d’une humeur. 

 
 

TRUE NORTH

C’est grâce à une commande que j’ai effectué mon premier voyage dans le Svalbard, il y a trois ans. Je connaissais à peine son nom et j’aurais certainement eu du mal à placer cet archipel sur la carte, à mi-chemin entre le cap Nord et le pôle Nord. 

Il a été découvert en juillet 1596 par l’explorateur hollandais William Barents qui recherchait une route du nord pour la Chine. Il pensait que ces îles appartenaient au Groenland et les baptisa Spitsbergen (les montagnes à la pointe aiguisée). Leur nom est Svalbard (la côte froide) depuis 1920, quand l’endroit est passé sous la souveraineté de la Norvège. 

Voyager dans d’autres continents est évidemment dépaysant. Mais se retrouver à Svalbard, c’est changer d’univers. On y perd rapidement toute notion de lieu et de temps. Il fait continuellement jour pendant six mois de l’année et la nuit est totale pendant quatre mois. 

La lumière est certainement ce qui fait l’identité de Svalbard. Elle peut briller et éclairer avec une extrême netteté, mais très vite, elle peut devenir diffuse, douce, indécise, sombre. Elle joue avec ces paysages monochromes, et offre une palette de couleurs restreinte, mais si riche. 

D’une photographie à l’autre, la lumière change et accentue l’impression que tout est toujours à recommencer. C’est un appel aussi. Je suis retourné à cinq reprises au Svalbard. 

J’ai rencontré différentes communautés, comme à Barenstburg, village minier Russe existant depuis 1932, le dernier en Arctique. A son apogée plus de 1500 habitants y vivaient. Depuis, une certaine mélancolie s’est emparée du village, et lors de mon passage, ils n’étaient plus que 600. Cet été, faute de charbon à extraire, le nombre d’habitants était encore divisé par deux. La seule école a été fermée. Barenstburg vit ses derniers jours. 

Ny-Alesund fut ma nouvelle destination. Ancien village minier, trente scientifiques en hiver et jusqu’à cent en été y vivent désormais. Ils sont tous là pour calculer, mesurer les changements climatiques et atmosphériques, étudier la faune, la flore et la vie marine. Les résultats ne sont pas toujours bons… 

A l’image de Barenstburg, Svalbard vit peut être ses derniers jours. Ces terres si dures et si fragiles à la fois, sont victimes du réchauffement climatique: elles changent inexorablement. L’essayiste américaine Gretel Ehrlich les appelle “The Vanishing Landscapes”, les paysages qui disparaissent.

 
 

CV

EXPOSITIONS COLLECTIVES


2020

LE RÊVE D’ÊTRE ARTISTE – Palais des Beaux-arts de Lille (F)


2019
UNSEEN – Amsterdam (NL)

PHOTOLONDON – Londres (UK)


2018
ENCHANTÉ – LAAC Dunkerque (F) 


2017
ATELIER – Galerie Bacqueville, Lille (F)

CALLUM INNES EXPOSED – DePont Museum, Tilburg (NL)


2016
DANS L’ATELIER, L’ARTISTE PHOTOGRAPHIÉ D’INGRES À JEFF KOONS – Petit Palais, Paris (F)

ART PARIS – Stand Galerie Bacqueville, Paris (F)

2015

ART PARIS – Stand Galerie Bacqueville, Paris (F)

2014
ART PARIS – Stand Galerie Bacqueville, Paris (F)
PARIS PHOTO - Paris (F) 

L’ŒUVRE PHOTOGRAPHIÉE : LES ATELIERS D’ARTISTES – Cours Mirabeau, Aix-en-Provence (F)

2013
STILL LIFE : RON MUECK AT WORK – Fondation Cartier pour l’art contemporain, Paris (F)
BRUXELLES ART FAIR – Stand Galerie Bacqueville, Bruxelles (B) 
LILLE ART FAIR – Stand Galerie Bacqueville, Lille (F)

2012

LILLE ART FAIR – Stand Galerie Bacqueville, Lille (F)

2011
LILLE ART FAIR – Stand Galerie Bacqueville, Lille (F)

ARTISTS’ STUDIOS – Maison de l’architecture, Lille (F)

2010
BRUXELLES ART FAIR – Stand Galerie Bacqueville, Bruxelles (B)
ARTISTS’ STUDIOS – Compton Verney, Warwickshire (UK)


2009
PARIS PHOTO – Paris (F)

TRUE NORTH – Galerie du jour, Paris (F)

2008
THE ART OF CLIMATE CHANGE – Tokyo (JP)

2007
FESTIVAL INTERNATIONAL DE LA PHOTOGRAPHIE – Arles (F)
THE ART OF CLIMATE CHANGE – Barcelone (ES) 

THE ART OF CLIMATE CHANGE – Hambourg (D)

2006

THE ART OF CLIMATE CHANGE – Natural History Museum, Londres (UK)

2001
PORTRAITS OF ARTISTS – National Portrait Gallery, Londres (UK)

1999
PORTRAITS OF ARTISTS – National Portrait Gallery, Londres (UK)




EXPOSITIONS PERSONNELLES (Sélection)

2018
ATELIER – CIAC Bourbourg (F)

2014
ATELIER – MAD Museum, New York (US)
ATELIER – Central Saint Martins, Londres (UK)

2012
ATELIERS D’ARTISTES – Galerie Bacqueville, Lille (F)

2008
SVALBARD – Institut Français de Varsovie, Varsovie (PL)

2007
SVALBARD – Maison de la photographie, Lille (F)

2003
MORVERN CALLAR – Chambre Claire, Paris (F)

2002
MORVERN CALLAR – Tom Blau Gallery, Londres (UK)

2001
BRIDGES – Tom Blau Gallery, Londres (UK)
PORTRAITS D’ARTISTES – Tate Britain, Londres (UK)


1999
PORTRAITS D’ARTISTES – Focus Gallery, Londres (UK)
PORTRAITS D’ARTISTES – A Gallery, Londres (UK)



LIVRES                         


2015

ATELIER - Édition limitée du livre présenté sous coffret, Louis Vuitton

ATELIER - Steilddangin

2003
MORVERN CALLAR – Screenpress

2001
BOY BY RON MUECK - Anthony d’Offay

1999
ARTISTS – Tate

1998
1000 NAMES – Lisson Gallery 

LIVRES D’ARTISTES


2019
MILTON AVERY - Victoria Miro gallery

2014
JEAN PROUVÉ - Le sens de la lumière, AMC

2012
ANNA BARRIBALL - MK Gallery
FASHION AND ART COLLUSION - Victoria and Albert Museum
ANTHONY CARO – Chatsworth

2011
KARLA BLACK – Fruitmarket Gallery

2010
7 JULY 2005 – DCMS

2008 
RON MUECK – Foil Gallery

2007
ANTONY GORMLEY, BLIND LIGHT – Hayward Gallery 

2006
RON MUECK – Fondation Cartier

2005
RACHEL WHITEREAD, TRANSIENT SPACES – Guggenheim New York

2002
RACHEL WHITEREAD – Anthony d’Offay Gallery

2000
BRIDGE, BB – Lucy Blakstad


FILMS (écrits, réalisées, co-produits)

2021
MICHEL NEDJAR – FNAGP

2020
RON MUECK – FNAGP
GIUSEPPE PENONE – FNAGP
BRIDGING HOME – Art Night

2019
ILSE D’HOLLANDER – Victoria Miro Gallery

2018
CALLUM INNES EXPOSED – Musée Depont, Tilburg

2014
GUGGING – La maison des artistes

2013
STILL LIFE : RON MUECK AT WORK – Fondation Cartier pour l’art contemporain

FILMS (collaborations)

2003
YES – Sally Porter

2001
MORVEN CALLAR – Lynne Ramsay
SHOOTERS – Dan Reid

2000
BRIDGE – Lucy Blakstad

1999
URBAN TURBAN – Bruce McLean

                                                                                                

PRIX ET BOURSES


2019
AIDE À LA PRODUCTION – FNAGP

2013
LEICA EUROPEAN PUBLISHERS AWARD FOR PHOTOGRAPHY – Finaliste 

2008
LEICA EUROPEAN PUBLISHERS AWARD FOR PHOTOGRAPHY – Finaliste

2001
WORLD PRESS, ART CATEGORY – Lauréat

2000
PHOTOGRAPHER OF THE YEAR – Finaliste
MERIT SPD (Society of Publication Designer)

1995
ILFORD AWARD



COMMANDES ET COLLECTIONS


Musée du quai Branly, Carmody & Groarke, Fondation Cartier pour l’art contemporain, Channel 4, Connaissance des arts, Depont Museum, Les Echos, Figaro Japon, Financial Time, Fruitmarket Gallery, Granta, Gagosian Gallery, The Guardian, Guggenheim, Hayward Gallery, The Independent, Liberation, Magazine Littéraire, London Symphony Orchestra, Mare, Marie Claire, Victoria Miro Gallery,  Modern Painters, Le Monde, Le Monde Magazine, National Gallery London, Newsweek,  The Observer, The Sunday Times, Tate Modern,  The Telegraph Magazine, Telerama, Royal Opera House, Stern, Victoria & Albert Museum, Vega Sicilia, Wallpaper.