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THERESA MÖLLER

Née en 1988 à Hambourg (Allemagne).
Vit et travaille entre Leipzig (Allemagne) et Montréal (Canada
).

À travers un travail pictural coloré et complexe, Theresa Möller explore les intrications de la nature. S'ils renvoient à des paysages existants de sous-bois, de marais ou de bocage, ses paysages sont également des lieux fantasmés, déréalisés par des associations de couleurs vives, donnant l'image d'une nature luxuriante indomptable et imaginaire.

Image ci-dessus : Reflexion, 2022. Huile et acrylique sur toile. 190 x 240 cm

WEB_Intricacy, 2022, 100x120_Photo Guy LHeureux.jpg

Une promeneuse solitaire dans les contrées sauvages

Vagabonder dans des contrées sauvages, voilà ce qu'a été ma première expérience des peintures de Theresa Möller. Un voyage qui m'a emporté vers de nombreux détails de textures, de nuances de lumière et de dégradés de couleurs. Ayant grandi à côté de la forêt et aimant y passer des heures, j'ai ressenti un lien immédiat avec l'œuvre de Möller. En tant que visiteurs de la forêt, nous avons la possibilité d'activer nos sens de manière imprévue. Les forêts sont des symbioses faites de différentes forces vitales, notamment de plantes, d'arbres, d'insectes et d'autres espèces, qui s'influencent et se façon­nent mutuellement. La dynamique relationnelle entre chaque force est cruciale pour la coexistence de la forêt dans son ensemble. C'est un espace vivant qui se définit par son harmonie dans le chaos. La forêt ne peut donc jamais être unilatérale et elle ne peut être perçue que d'un seul point de vue. À l'instar de la complexité de la forêt, les œuvres de Möller offrent une expérience perceptive similaire qui imite sa structure multicouches. Les peintures révèlent la surface et la texture de la forêt dans toute sa puis­sance, emplie de lumière et de sensations dans un chaos équilibré.

La peinture tel un flux constant

Möller commence ses œuvres en jetant de la peinture acrylique sur une toile posée sur le sol, en introduisant tout d'abord une ou deux couleurs seulement. Après avoir appliqué ces couches acci­dentelles, elle prend la toile à deux mains et l'agite, permettant ainsi à la peinture de couler et de rouler, glissant le long de la surface plane. C'est une façon de pousser la peinture vers ses propres limites, de travailler avec la force de gravité tout en créant un flux constant de matière qui évolue progressivement sur la toile. Il n'y a pas de certitude dans cette ap­proche, la forme n'est jamais fixe et se déploie dans différentes directions, comme les fleurs qui éclosent au soleil après la pluie. Après ce processus alliant mouvement et épanouissement, Möller cherche des interstices sur la toile, où quelque chose peut encore être révélé. Elle commence alors à combler ces ouvertures avec des arbres et des feuilles à la pein­ture à l'huile, créant ainsi une nouvelle couche sur la surface. Les arbres traversent la toile dans toutes les directions, mais toujours en linéaire, de sorte que les limites entre l'arrière-plan et le premier plan deviennent claires et qu'un mouvement dynamique émerge, entraînant ainsi la perception du spectateur dans toutes les directions. Le contraste issu de cette superposition engendre de nouvelles formes qui sont créées par le mélange et la configuration des deux couches. Chaque ligne crée une nouvelle forme, chaque forme offre de la profondeur. Elle enlève certaines couches à l'aide d'éponges, de sorte qu'une autre plus translucide émerge, laissant visible ce qui a été peint avant. Ces couches transparentes ajoutent de la profondeur et une grande lumière au tableau, comme un nuage brumeux qui apparaît le matin lorsque le soleil se lève.

Alors que ses pre­mières œuvres se concentraient davantage sur la géométrie et les formes graphiques que l'on retrouve dans ses montagnes ou ses paysages urbains, les œuvres plus récentes, comme Branches (2021), Grain (2021), Structure (2021) ou Nexus (2020), ras­semblent des fragments de nature, les mélangent ou les effacent, et sur lesquels plusieurs couches de coups de pinceau rapides ou de points de couleur se révèlent être ludiques, perturbateurs et ambivalents. Les coups de pinceau apparaissent comme des feuilles ou des insectes imaginaires qui survolent la surface, affectés par le vent qui les emporte. lis dansent sur la toile, créant ainsi une imagerie fluide et onirique.

Lorsque je regarde toutes ces couches de pein­ture, je vois le soin que Möller consacre à chaque détail - chaque zone est soigneusement remplie par de nouveaux éléments et de superpositions de couleurs, mais qui semblent avoir surgi de manière organique. Pour l'artiste, le temps est également un processus essentiel : attendre que la peinture sèche, puis ajouter une autre couche, avant d'ajuster et d'appliquer encore de nouvelles couches. li faut tra­vailler et comprendre la qualité du pigment, du ton, de la texture et du grain. Ce potentiel de la pein­ture, du travail avec les structures et les formes ainsi que le sens de l'harmonie sont fortement présents dans l'œuvre de Möller. Elle trouve un équilibre dans le chaos, dans le jeu, dans la lumière et l'obscurité, qui rendent ses œuvres si exigeantes à observer. Avec toutes ces couches de peinture qui se meuvent dans toutes les directions, les œuvres révèlent un processus de découverte perpétuelle, de l'ordre du devenir plutôt que de l'être.

La couleur comme langage

L'un des principaux éléments qui rendent les pein­tures vibrantes de Möller si intrigantes est son jeu constant de la couleur. Ses compositions complexes reflètent son incroyable maîtrise de la peinture et de la palette. Elle mélange des couleurs sombres comme le bleu et le turquoise avec des couleurs vives comme le violet, le rose et l'orange. Les cou­leurs contrastées se mettent simultanément en valeur, donnant à la peinture plus d'intensité et de profondeur. Cette exploration de la couleur fait ressortir ce constant flux d'énergie si vif dans toutes ses œuvres.
En regardant l'œuvre de Möller, je me souviens de l'artiste française d'origine ukrainienne Sonia Delaunay (1885-1979), qui recherchait dans son travail des combinaisons de couleurs susceptibles d'évoquer une multitude d'interprétations possibles et de créer des significations simultanées. Les tableaux de Delaunay sont composés de couleurs contrastées ou complémentaires qui s'imbriquent ou se chevauchent par aplats. En plaçant parfaitement la couleur sur la toile, on crée à la fois du mouve­ment et de l'énergie. Cette technique sera plus tard baptisée «orphisme» par le poète français Guillaume Apollinaire en 1912. Pour Delaunay, le processus d'exploration des couleurs consistait à découvrir des harmonies et des dissonances qui leur permettaient d'avoir une vie propre. Elle plaçait les couleurs les unes à côté des autres de manière à créer une impul­sion ou une vibration, qui donne vie à un rythme et où l'émotion et la sensation sont ainsi activées. Tout comme la peinture de Delaunay, celle de Möller -par le placement de couleurs qui se complètent et se contredisent - dépeint le rythme et le mouvement. Cette technique oblige le spectateur à faire l'expé­rience de la plénitude de la toile, qui fait bouger les yeux dans toutes les directions lorsqu'il découvre constamment de nouveaux détails. Finalement, la toile devient un terrain de jeu coloré palpitant qui se traduit par une anarchie ludique dans laquelle les hiérarchies s'effondrent.

L'artiste américaine Joan Mitchell (1925-1992) peint différemment dans la forme, mais est égale­ment célèbre pour ses peintures abstraites et ex­pressionnistes intenses et colorées. Inspirée par les phénomènes naturels et l'énergie de la vie, l'œuvre de Mitchell se caractérise par une abstraction fraîche et spontanée qui évoque les paysages, les souvenirs, la poésie et la musique. Pour Mitchell, l'abstraction n'était pas un style, elle voulait simplement faire une œuvre de surface. Elle peignait à partir de ses souve­nirs de paysages, qu'elle transformait ensuite sur
la toile de manière innovante. Moller possède égale­ment une collection d'images de la nature, qui ne sont jamais directement traduites sur la toile, mais servent plutôt d'inspiration pour ses structures et textures. La peinture est ici un voyage initiatique. L'acte de peindre l'oblige à regarder les coups de pinceau devant elle, à prendre de la distance avant de revenir à la toile. Plutôt que de représenter ce qui est ancré dans sa mémoire, la peinture devient ici un moyen d'activer le processus de création. Comme un jardinier qui plante des graines, les arrose et attend de voir ce que la lumière a comme effet sur la croissance, les peintures de Möller sont une découverte personnelle sur la manière dont la couleur peut influencer une peinture. Lorsqu'une couche de couleur est ajoutée, celle d'à côté prend une toute autre signification. Il s'agit d'une recherche constante d'un équilibre sur la toile, qui ne doit pas nécessairement être en harmonie, mais qui oblige plutôt à une tension émotionnelle entre les différentes forces en jeu.

La peinture offre la possibilité de s'identifier au sujet, d'interpréter les images à partir de nos propres souvenirs. Dans le cas des peintures aux couleurs intenses de Möller, c'est mon souvenir d'être dans la nature. Je ressens une qualité presque sculpturale, une manière tridimensionnelle de regarder son travail, comme si, en un sens, j'étais à l'intérieur du tableau. Les peintures de Möller sont une invitation à renouer avec le monde naturel qui m'entoure, me permettant de revenir à un souvenir particulier, mais aussi de voyager dans un nouveau monde, un monde riche en textures, en lumière et en couleurs, un monde dans lequel je ne suis qu'une promeneuse solitaire qui passe, découvrant toujours quelque chose de nouveau. - Sarie Nijboer (Traduction : Éléonore Gros)

Image ci-dessus : Intrication, 2022. Huile et acrylique sur toile. 100 x 120 cm. Photo : Guy LHeureux

CV

Né en 1988 à Hambourg (Allemagne).
Vit et travaille à Leipzig (Allemagne) et Montréal (Canada).

EXPOSITIONS PERSONNELLES / SOLO SHOWS

2024

Art Rotterdam, Solo Show, Galerie Bacqueville, Rotterdam, Netherlands


2023

Entanglements, Kunstverein Speyer, Speyer, Germany

Somewhere, Galerie in der Wassermühle/Stiftungen Sparkasse Holstein, Trittau, Germany

Foliage, Schierke Seinecke, Frankfurt a. M., Germany

2022

Intrication, Galerie Bacqueville, Lille, France
DisNature, She Bam! Galerie Lætitia Gorsy, Spinnerei Leipzig, Germany
Transformationen, Art Foundation Elmshorn, Germany

2021
Sceneries, Galerie Rundgænger by Schierke & Seinicke, Frankfurt, Germany
Habitat, Galerie Dessers, Hasselt, Belgique

2020
Diane, She Bam! Galerie Lætitia Gorsy, Spinnerei Leipzig, Germany
Où mènent les sentiers, Aedaen Gallery, Strasbourg, France

​2019
Art Paris, Grand Palais, Paris, France

​2018

Peripherie, KunstHaus am Schüberg, Ammersbek/Hamburg, Germany
Ganz weit draußen, Kulturkreis Leinfelden-Echterdingen, Germany

EXPOSITIONS COLLECTIVES / GROUP SHOWS

2024

Light Filters Through The Gaps In The Leaves, Artemin Gallery, Taipei, Taiwan

Everyone but Caspar!, Kunsthalle Niendorf, Hamburg, Germany

Art Paris, Grand Palais, Paris, France


2023

fragile structures, nachtspeicher23, Hamburg, Germany (duo with Simone Kesting)
WIN/WIN - Die Kunstankäufe der Kulturstiftung des Freistaates Sachsen 2023, Halle 14, Spinnerei Leipzig, Germany
Over the Line, Galerie Bacqueville, Oost-Souburg, Netherlands
Nordwestkunst, Kunsthalle Wilhelmshaven, Wilhelmshaven, Germany


2022
Dystopia, Galerie Bacqueville, Lille, France

Image Fétiche, Galerie Stephanie Kelly, Dresden, Germany
Numero Trois, Homa, Lisbon, Portugal
Though, beloved, Foundation Fernet-Branca, Saint-Louis, France


2021
The Call of the Wild, Galerie Sabine Bayasli, Paris, France
Another Realm, Silvis Contemporary, New York City/online

Staycation Beach, Kunsthalle Ost, Leipzig, Germany
Luxembourg Art Week, Aedaen Gallery, Luxembourg
Appendix, She Bam! Galerie Lætitia Gorsy Leipzig, Germany

2020
Dynamik und Fiktion, Galerie Gans, Vienna, Austria (duo with Izvor Pende)
Galeristes, She Bam! Galerie Lætitia Gorsy, Paris, France
Art Paris, Grand Palais, Paris, France

2019
Hauptwerke der Kunstsammlung der Sparkasse Leipzig, Center for Contemporary Art, Berlin, Germany
Lipsia, Aedaen Gallery, Strasbourg, France

Berlin Dreaming, Gallery Michael Reid, Berlin, Germany
salondergegenwart 2019, Hamburg, Germany


2018
Can‘t stand Harmony, Galerie ff15, Leipzig, Germany (duo with Jana Mertens)

neXtnature, Galerie Weise, Chemnitz, Germany (duo with Jana Mertens)
Pretty Park, Weißes Haus Markleeberg, Germany

Mashup IV/Masterpieces, Barlach Halle K, Hamburg, Germany
 

BOURSES ET RÉSIDENCES / AWARDS & RESIDENCIES
2022
Project Grant, Cultural Foundation of the State of Saxony (KdFS)
Publication Grant, City of Leipzig
Working Grant, Neustart Kultur, Stiftung Kunstfonds, Bonn

2021
International Open Residency, Fonderie Darling, Montréal
Working Grant, VG BildKunst

Residency Schleswig-Holsteinisches Künstlerhaus Eckernförde

2020
Working Grant, Neustart Kultur Stiftung Kunstfonds, Bonn
Working Grant, Cultural Foundation of the State of Saxony (KdFS)

 

COLLECTIONS PUBLIQUES / PUBLIC ​COLLECTIONS
Collection of Contemporary Art of the Federal Republic of Germany
Collection of the Art Exhibition Hall of the Sparkasse Leipzig
Collection Essl, Vienna
Maurer Collection, Wamberg
Crédit Mutuel, Strasbourg
Collection Holtmann, Hanover

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